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Portrait d'Alumni : Maxime Georges

Portraits

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13/12/2018

Diplômé de l'IEP en 2013, en spécialité Globalisation et Gouvernance, tu as plutôt un parcours orienté vers les sphères publiques et politiques.  Qu’est-ce que tes expériences en tant que collaborateur de cabinet (Région PACA) / collaborateur parlementaire (à l’Assemblée nationale) t’ont apporté en termes de compétences et connaissances? 

Le poste de collaborateur parlementaire apprend à être flexible, débrouillard et polyvalent. La meilleure comparaison est celle du couteau suisse. C'est plutôt une bonne chose pour la suite : avoir été collaborateur parlementaire permet de gagner en efficacité et surtout, d'être réactif en cas d'urgence, et de gérer le -bon- stress. 

Au-delà de cette polyvalence, on y apprend le fonctionnement interne du pouvoir. La vision "scolaire" ne donne qu'un aperçu global des relations de pouvoir. Au sein du Parlement, on découvre que les relations politiques sont bien plus complexes et que d'autres facteurs et enjeux viennent redistribuer les cartes. La majeure partie du travail effectuée est préparée en amont des séances, tant lors des réunions de commission que lors des discussions dans les couloirs. Sans oublier les interactions entre les différents acteurs : élus, fonctionnaires et collaborateurs. 

On apprend aussi à aiguiser sa plume. C'est ce qui me plaisait le plus : la préparation des interventions, tant dans l'hémicycle qu'en dehors (missions extra-parlementaires, représentation...) puis leur lecture par le parlementaire est quelque chose de très valorisant. J'avais aussi la chance de me déplacer assez régulièrement en région pour travailler en bonne intelligence avec le cabinet de la Présidence, en circonscription et à l'étranger, quand Michel Vauzelle me demandait de l'accompagner dans le cadre de ses fonctions.

Il y avait aussi des aspects plus difficiles. Il faut être disponible  quasiment tout le temps : j’ai souvent entendu que « la politique ne s’arrête pas les week-ends et les jours fériés », Et c’était vrai…


Faut-il avoir un profil particulier pour travailler dans le milieu politique ? 

Le périmètre de travail d’un collaborateur est défini en fonction du parlementaire. Je pense qu'il y a presque autant de définitions du métier que de collaborateurs.

S’il fallait résumer, je dirais qu'être collaborateur, c'est être un peu les femmes et les hommes de l'ombre. Notre mission principale et objectif quotidien est de faciliter la vie du parlementaire.

Il n'y a pas de profil-type. En effet, tout dépend de ce qu'attend le parlementaire de son collaborateur. Il est vrai que beaucoup de collaborateurs viennent des IEP, mais il y a une panoplie d’autres profils.

La relation entre l'élu et son collaborateur est basée sur la confiance. S'il n'y a pas de profil-type, quelques qualités me paraissent nécessaires pour effectuer ce métier :

- le sens de l'intérêt général;

- la disponibilité;

- la diplomatie;

- la modestie.

Être militant d'un parti politique n'est pas forcément un pré-requis. En revanche, il vaut mieux être en phase avec l'élu avec lequel on travaille. 

Est-ce qu'il est nécessaire d'être hyper-connecté (actualité, réseaux sociaux, etc.)? 

Je ne sais pas si « hyper-connecté » est le terme le plus approprié. On peut facilement se noyer dans le flot d'informations, et dans ce cas, il vaut peut-être mieux se cantonner à la presse écrite. Encore une fois, cela dépend de l'employeur. Le mien n'était pas très féru des réseaux sociaux. Dans tous les cas, il faut être au fait de l'actualité.

Si des Alumni souhaitent se diriger vers le milieu de la collaboration politique, je leur conseillerais de bien cibler l'objectif en amont. Si on est spécialiste d'un domaine ou d'une zone géographique, il faut essayer de trouver un élu qui travaille dans une commission qui est rattachée à ce domaine,  ou un élu qui est spécialisé dans ce même domaine. 

Pour ma part, lorsque j'ai postulé pour travailler auprès de Michel Vauzelle, je savais qu'il était en mission pour le Président de la République sur la Méditerranée des projets. Au même moment, je travaillais pour l'association Cités Unies France dans la coopération décentralisée en Méditerranée. C’est une région pour laquelle j’ai une affection toute particulière. Je savais aussi que sa collaboratrice allait quitter son poste et je me suis permis de lui adresser mon CV. Quelques jours plus tard, il me recevait dans son bureau et j’ai commencé à travailler pour lui dans les semaines qui ont suivies.

Avant l'entretien, il vaut mieux connaître son interlocuteur. Les sites du Sénat et de l'Assemblée contiennent de nombreuses ressources sur les parlementaires : dernières actualités, questions posées, interventions, activités... C'est une bonne base. Il faut également essayer de trouver des sujets d'intérêt commun, et ne pas hésiter lors de l’entretien à poser des questions sur ce qu'il attend de sa collaboratrice ou de son collaborateur ou encore sur son activité parlementaire. Cela montrera que vous avez travaillé et que vous n'avez pas choisi cet élu par hasard.

En revanche, il vaut mieux éviter d'envoyer sa candidature à tous les parlementaires...

Tu es actuellement Chargé de mission en Affaires publiques et internationales pour l’Ordre national des pharmaciens. C’est ta première expérience dans le privé.  Est-ce que ce genre de transition est compliqué (en termes de culture du travail par exemple) ? 

Ce n'est pas vraiment ma première expérience dans le privé : j'ai débuté ma carrière par un CDD à Cités Unies France, une association qui travaille avec le secteur public, puis après l'Assemblée, j'ai travaillé 2 mois et demi dans une agence de communication avant de me rendre compte que ça ne me convenait absolument pas.

L'Ordre national des pharmaciens regroupe les 74 043 pharmaciens exerçant leur art en France, dans les officines de pharmacie, dans les établissements de santé, les laboratoires de biologie médicale, l'industrie ou la distribution en gros du médicament. Il assure des missions de service public qui lui ont été attribuées par le législateur et qui sont définies dans le code de la santé publique.

La transition n'a pas été si compliquée dans le sens où notre mission est de préserver l'intérêt du patient. L'Ordre participe à la promotion de la santé publique et veille au bon exercice de la profession. Pour ce faire, il assure le respect des devoirs professionnels de tous les pharmaciens, la défense de l'honneur et de l'indépendance de la profession, il veille à la compétence des pharmaciens, et contribue à promouvoir la santé publique et la qualité des soins, notamment la sécurité des actes professionnels. Il s’agit donc d’une structure privée, mais animée par le sens de l'intérêt général. 

C'est ce qui m'a manqué dans mon expérience en agence de communication : j'ai besoin de savoir que ce que je fais et ce que je défends contribuent à améliorer le quotidien des gens. 

Ce qui change le plus, c'est l'organisation interne : la présence d'une hiérarchie très structurée, et de processus de validation qui sont plus longs que lorsqu'on travaille en direct avec un supérieur hiérarchique unique comme c'était le cas à l'Assemblée.

Après ton M2 Globalisation et Gouvernance obtenu en 2013, tu as animé un module de ce même master en tant qu’intervenant professionnel en 2014. Qu’est-ce que ça fait de se retrouver de l’autre côté ?

C'est assez surprenant ! La première année, je suis intervenu auprès d'étudiants qui avaient mon âge ou presque, voire parfois plus âgés. J'en connaissais beaucoup, avec qui j'avais passé des moments de convivialité pendant le cursus. Mais c'était aussi une expérience très sympathique, parce que les étudiants avaient plein de questions sur l'après-IEP, et c’était ce que je vivais à ce moment précis.

Lors de mon stage de fin d'études, j'ai fait mon rapport sur la coopération décentralisée en Méditerranée. Le M2 Globalisation et Gouvernance est à la croisée des chemins entre les affaires publiques et les affaires internationales, tout comme la coopération décentralisée. En présentant mon rapport devant mes responsables de Master, je leur ai fait part de cette réflexion, et manifestement ils ont partagé ce sentiment. Ils m'ont alors demandé si j'étais d'accord pour faire une intervention sur ce sujet - en l'élargissant sur la question du rôle des collectivités locales dans l'action internationale - et j'ai accepté. 

L’essentiel du temps de préparation de cette intervention était consacré à la révision des bases juridiques de l’action internationale des collectivités locales. En effet, les premières réformes territoriales du quinquennat de François Hollande étaient en cours et s’intéressaient notamment à cette question. Pour le reste, je me suis basé sur mon rapport de fin d’études, et sur les connaissances acquises au cours de mes activités à Cités Unies France, et j'ai également demandé des conseils à mes collègues sur le contenu de l'intervention.

Peux-tu partager une difficulté que tu as rencontrée dans ton parcours et proposer un conseil (pour le surmonter) OU parler d’une erreur à éviter aux étudiants/diplômés de l’IEP ? 

Mon député ne se représentait pas en juin 2017 aux élections législatives. Je savais en conséquence que mon expérience à l'Assemblée allait s'arrêter. Par ailleurs, je n'avais plus envie d'être collaborateur parlementaire : cela faisait presque 4 ans que j’étais à l’Assemblée et j’avais envie de voir autre chose. J'ai été contacté quelques mois auparavant par une agence de communication qui souhaitait me proposer un poste de consultant en affaires publiques. Pour être honnête, je craignais tellement l'idée d'être au chômage que j'ai accepté sans même prendre le temps d’y réfléchir.

J'ai rapidement déchanté :  ce n'était clairement pas le milieu professionnel dans lequel je voulais évoluer, et plus le temps passait, moins je trouvais ma place dans l'agence - qui ne faisait, de son côté, pas énormément d’efforts pour que ça se passe mieux. Après avoir pris quelques jours de congés, j'ai décidé de démissionner. Sur le moment, c’était peut-être un aveu de faiblesse, mais avec le recul, je me dis que c’était la meilleure décision à prendre, pour l’agence, mais surtout pour moi. 

Dans la précipitation, j’ai commis une erreur, et au final, le recul que je me suis imposé en me mettant au chômage m’a permis de faire le point sur mes attentes en termes de vie professionnelle, et de me recentrer sur mes objectifs.

Le conseil que je pourrais donner aux futurs diplômés serait de ne pas avoir peur de prendre son temps, d'évaluer ses envies, de réfléchir aux perspectives et aux choix qui s'offriront à la sortie de l'IEP et tout au long de votre carrière.  Il faut faire en sorte de travailler dans un environnement avec lequel vous êtes en accord. 

Les différentes expériences de la vie professionnelle cassent parfois des idées reçues qu’on pouvait avoir avant de commencer la vie active, est-ce que ça te parle et pourrais-tu développer avec un exemple?

On entend souvent dire que la sphère politique est fermée, et que les collaborateurs et collaboratrices politiques sont des apparatchiks. Force est de constater que ce n’est globalement pas le cas. Beaucoup de collaborateurs ne sont pas encartés, et sont recrutés pour leurs compétences en matière d'analyse des politiques publiques, pour leur spécialisation, ou encore pour leur plume ou leurs expériences passées. Cela prouve que le monde politique n'est pas complètement replié sur lui-même.

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